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Mercredi 6 juin 2007


Si j'écris, c'est que j'ai mal. 
Mal des mots que je n'ai pas su te dire, des gestes tendres que précieusement je retenais.
Je n'ai jamais eu l'impression de perdre mon temps, mais peut-être d'en prendre trop.
Je sais que tu regrettes, mais le démon qui me ronge est né au berceau de mes erreurs. 
Alors ne t'en veux pas si j'ai honte d'avoir pensé qu'entre nous il y avait quelque chose que personne ne pouvait comprendre; n'aie pas peur: si je pleure, c'est que d'avoir trop souhaité, comme un besoin vital, te garder toujours auprès de moi, j'ai perdu le peu que tu m'offrais de toi.
Alors je souffre de ce qui d'ordinaire me comble de joie: te voir heureux.
Ne me juge pas. 
Tu sais, à trop me poser de questions, j'oublie souvent de vivre, et j'ai si peu confiance, que je ne sais plus s'il y a quelqu'un qui reste là, pour moi.
Je vis mal de t'avoir autant dans la peau, comme dans chacun des morceaux de mon cœur qui ne cesse de saigner de ses blessures.
J'ai la tristesse de n'avoir gardé de toi que les souvenirs de nos bons moments passés, ceux-là mêmes qui me rappellent mes fautes, et les images où tu étais si présent, qui me disent qu'aujourd'hui tu n'es plus là.
Tu vois, parfois, je voudrais vendre mon âme au diable, quitte à devenir immortelle, pour ne plus sentir en moi ces lames de remords qui lacèrent mes raisons d'être. 
Je n'aurais plus de sentiments, et peut-être même qu'à tes yeux je deviendrais exceptionnelle. 
Certains voudraient revenir en arrière. Pour changer quoi? J'ai toujours eu de bonnes raisons d'agir comme je l'ai fait. Et même si aujourd'hui je me suis rendue compte de ne pas avoir pris le bon chemin, j'ai fait ce qui me semblait être le mieux pour nous.
Alors pour rien au monde je ne revisiterais ce qui s'est passé, c'est bien connu: on apprend toujours de ses erreurs. Et dans mon malheur, j'ai appris ce qui à ce jour compte le plus pour moi, et que je n'oublierais pour rien au monde: je suis née pour t'aimer.
Quoi qu'il arrive, quoi que tu fasses, où que tu sois, je serais toujours là pour toi.
Tu pourras toujours compter sur moi, sans jamais craindre que mes gestes ne soient intéressés: je sais qu'un jour, il sera temps pour nous de se dire tout ce que l'on savait sans se l'écrire, tout ce que l'on n'a jamais osé faire lire.
Le jour viendra où je saurais te raconter l'histoire d'une jeune fille qui, malgré tout ce qu'elle pouvait dire, a su bien malgré elle ce que voulait dire le verbe « aimer », et qui, même si elle n'a jamais su si la flamme qui brûlait en elle était partagée, garde de ses erreurs le souvenir de la plus belle histoire d'amour qu'elle n'ait jamais connue.
publié dans : lettres personnelles par Zabou
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